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No. 15 | 2001

Goldberg

Agostino Steffani (1654-1728) est probablement un personnage flou pour les auditeurs modernes, même pour les amateurs de musique ancienne. A la différence de la plupart des compositeurs baroques, il n'a pratiquement pas écrit de musique instrumentale, c'est pourquoi ses compositions ont dû attendre, pour être mieux connues, la renaissance de l'opéra baroque aux alentours de la dernière décennie. Steffani a produit un petit nombre d'opéras par rapport à ce qui était habituel à son époque (le New Grove en dénombre seize, dont l'un semble être un pastiche constitué d'œuvres antérieures), et même ses œuvres vocales de chambre sont atypique et axées sur le duo, et il n'y a pratiquement pas d'œuvres pour soliste. Aussi, ce florilège instrumental (qui s'en tient, apparement, à la partition de la collection Roger des Sonate da Camera de 1705), tiré de quatre opéras du compositeur, est-il particulièrement bienvenu. Le plus ancien, Niobe, regina di Tebe, fut écrit pour Munich en 1688; I trionfi del fato et Henrico Leone l'on été pour Hanovre, en 1695 et 1698 respectivement; et Amor vien dal destino, pour Düsseldorf en 1709. Ce qui surprendra le lecteur (cela du moins m'a surpris), c'est le style totalement français de la majeure partie de la musique, qu'il s'agisse des ouvertures françaises ou des suites de danses, qui portent toutes des titres en français, ce qui confirme une fois de plus l'idée de l'Allemagne comme un pays au style mixte, qui empreinte aussi bien à l'Italie qu'à la France, avant que cette dernière ne commence à adopter des formes italiennes ( commerce qui a rarement voyagé dans le sens contraire). L'exécution des Sonatori (et leurs amis) est de toute première qualité, pleine de brio et d'éclat. Les hautbois d'Andrea Mion et de Marco Cera méritent une très bonne note. Il s'agit de ma première rencontre avec cet ensemble, et je suis impressioné par son goùt et son audace dans le répertoire. Je le recommande chaleureusement.