Organiste de formation, Andrea Marcon, appartient en effet à la génération de ces musiciens qui ont permis à d'innombrables ouvrages, oubliés ou non, de renaître en se parant du jeu sur instruments d'époque.
Né à Trévise, Andrea Marcon étudie tout d'abord l'orgue et le clavecin. Sa pratique des instruments à clavier lui vaut plusieurs prix, notamment le Prix du Concours de clavecin de Bologne en 1991. Le vent en poupe, encouragé par les diverses distinctions qui lui ont été décernées, il fonde son propre festival international d'orgue dans sa ville natale. Parallèlement, Andrea Marcon occupe le poste de claveciniste et d'organiste au sein de l'ensemble italien des Sonatori de la Gioiosa Marca, lequel est reconnu internationalement pour son interprétation de la musique baroque italienne.
Andrea Marcon s'oriente également très vite vers la direction. Après ses études musicales à la Schola Cantorum de Bâle, où il bénéficie notamment de l'enseignement de Hans-Martin Linde et de Ton Koopman, il fonde en 1997 le Venice Baroque Orchestra avec lequel il exhume nombre de chef-d'œuvres oubliés de la musique baroque italienne. En 1998, il dirige à la Fenice une nouvelle version de l'Orione de Cavalli. Gràce à lui toujours, l'oratorio de Benedetto Marcello "The Triumph of Poetry and Music" réapparait sur une scène en 2001, à Milan. D'autres ouvrages lyriques, ayant été parfois déguisés en oratorio par leur auteurs afin de les soustraire à la censure politique et cléricale alors en vigueur au 18e siècle, constituent à voir le jour sous la baguette d'Andrea Marcon. Le musicien, régulièrement impliqué dans des recherches historiques ayant trait à la musique ancienne, a en outre participé activement à la réédition de partitions d'œuvres telle que "Paris et Hélène" de Gluck, "Orfeo" et "Le retour d'Ulysse" de Monteverdi, ou encore la "Callisto" de Cavalli.
En marge de ses nombreux concerts dans les plus grandes villes d'Europes, Andrea Marcon enseigne le clavecin et donne des Masterclasses. ...
Andrea Marcon a réalisé divers disques de musique d'orgue chez Divox. En Andrea Marcon il est possible ge trouver un véritable sorcier des orgues baroques, capable surtout de déveloper un discours musical non pontifiant. Son jeu lumineux et souple sait se jouer des difficultés contrapuntiques avec une grande sobriété sous des dehors allègres. Il parvient à ne pas escamoter la profondeur de la musique d'église des Frescobaldi et autres émules contemporains de ce dernier. A choyer tout particulièrement, le CD consacré intégralement à Frescobaldi (CDX-79904), ainsi que ceux intitulés "L'héritage de Frescobaldi" (CDX-79405, CDX-79805). On trouve encore dans la foulée de ces quelques titres un CD consacré à divers maîtres de Venise au 18e siècle (CDX-79703). Des œuvres pour orgue et pour clavecin d'Alessandro Scarlatti, le père du grand Domenico, ainsi qu'un autre comportant des sonates pour orgue de Scarlatti fils (CDX-79403, CDX-79607) étayent encore le travail d'édition mené conjointement par la maison de disque suisse et Andrea Marcon. Le festival d'orgue de Trevise par l'artiste intervient régulièrement en coproduction, ce qui assure la pérennité des parutions. Un disque d'œuvres du Père Davide de Bergamo (CDX-79606), mort en 1863, offre une incursion dans le 19e siècle. Un disque peut-être moins essentiel, enat il est vrai que le compositeur use et abuse dans son écriture de poncifs pénibles. Avec les nombreuses gravures dévolues à la musiques ancienne et à lère baroque reliée à l'Italie, il est par contre possible de faire des découvertes de choix. Il n'est donc pas étonnant que ces disques, lors de leur sortie, aient été aussi largement couverts de distinctions par la presse spécialisée.
Bernard Halter