6/2001

Opéra International

C'est dans l'univers de l'oratorio romain du XVIIe siècle que nous convie cet enregistrement, avec d'une part «l'histoire sacrée» en latin Ezechia de Giacomo Carissimi, et d'autre part le plus ample et moins connu Giuseppe, «oratori volgare» en italien de Luigi Rossi. Les sujets sont tirés de l'Ancien Testament, dans un but édificateur et moralisateur. La composition de Rossi, qui daterait des années 1640, est l'un des trois grands oratorios dramatiques de son auteur. C'est d'ailleurs durant cette décennie que le terme «oratorio» s'impose et que des règles se fixent: organisation en deux parties, présence d'un narrateur... l'œuvre est constituée de nombreux récits qui alternent avec des ritournelles, de brefs airs ou des chœurs à cinq voix. Le langage sait se faire chromatique dans les ritournelles et dans les chœurs, lesquels représentent les prières ou les lamentations des frères de Joseph. La partition comporte de réelles beautés et il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'une œuvre digne d'intérêt, intérêt que les interprètes ont malheureusement bien du mal à maintenir. Il est difficile d'être séduit par des voix qui semblent relativement fragiles, avec des sopranos au vibrato pénible et dont les aigues, de même que ceux du ténor, sont souvent tendus, avec les consèquences que cela peut avoir sur la justesse... L'engagement dramatique est pourtant réel et le style correctement maitrisé. Il faut aussi noter ... à la décharge des interprètes? ... la médiocrité de la prise de son. Les chanteurs ont été placés derrière l'orchestre et/ou les micros mal disposés? Quoi qu'il en soit, les voix sont lointaines et baignent dans une reverbération qui nuit à la perception du texte comme de la musique. L'Historia di Ezechia de Carissimi pâtit des mêmes défauts avec, en plus, une implication moindres des interprètes et n'apparait, hélàs, que comme un complément de programme dans le plus mauvais sens du terme. Enfin, le livret de présentation est réduit au minimum et renvoie les audacieux qui voudraient lire le texte des deux oratorios au site internet du label, où Rossi n'apparait même pas dans la liste des compositeurs...