Ce disque de qualité, au programme séduisant autant qu'original, nous emmène en des sentiers bien peu battus mais dignes d'être connus!
Jusque dans les années 1870, la musique de chambre française n'a paru rencontrer dans ses frontières qu'indifférence et mépris, alors qu'y florissaient les sociétés la mettant à l'honneur. Faut-il toutefois souligner que les programmes des ces associations étaient principalement centrés sur les œuvres des compositeurs allemands? La symphonie, mais surtout l'opéra et le piano, à eux seuls, absorbaient à cette époche une grande partie de l'activité musicale française. Le présent disque a donc un double intérêt: il noue révèle d'abord deux rares pages françaises des années 1850 et restitue à Louise Farrenc (dont le nom n'est pas tout à fait absent du Catalogue discographique) la place qui lui revient, indiscutablement celle d'une excellente compositrice. Ensemble peu banal, à la limite du concerto, son Nonette a été créé en 1850 à Paris avec le grand Joseph Joachim, ami de Brahms, au violon. Cette «symphonie intime», au style clair et limpide, qui se situe bien au-delà de la simple musique de salon, révèle la generosité mélodique de son auteur, son style chaleureux et vibrant, ainsi que son élégance. grâce à la parfaite cohésion de ses membres et à l'aisance de leur jeu, le Consortium Classicum, dont l'une des ambition est de faire revivre des musiques oubliées, mène cette œuvre avec lyrisme, rigueur et intensité. Tout aussi intéressant est le Trio op. 44, au puissant souffle lyrique et dramatique, parfois véhément.
Téchnique: 7,5