Petit jeu: quel est le pourcentage de Saisons intéressantes parmis les versions existant au catalogue? Et bien, il est ridiculement faible (ceux qui tout bon ne gagnent rien, sauf le droit de réécouter il Giardino Armonico). Soyons rassurés, cette nouveauté mérite l'attention. Giuliano Carmignola a étudié avec Franco Gulli, Henryk Szeryng et Nathan Milstein. Il est venu au violon baroque tardivement (en se gardant bien d'abandonner sa technique «moderne»...) après quelques années passées avec les Virtuosi di Roma. Violonistiquement, sa lecture des Saisons est irréprochable. Sa virtuosité (dernier trait de l'hiver !) est même plutôt rare parmi les amis du boyau. Le seul problème, c'est qu'après Pinnock (high tech). Biondi (sensuel, théatral et lyrique), Il Giardino Armonico (tout à la fois), il faut beaucoup d'arguments pour attirer les éloges. Quelques très beaux moments, ne font malheureusement pas oublier l'effectif un peu juste et des détails étranges (pourquoi faire jouer les arpèges du mouvement lent de l'automne par le théorbe alors qu'il est marqué il cembalo arpeggio?). Cette interprétaton aurait donc gagnée à être un plus affinée. En revanche les concertos qui complètent le programme sont magnifiques et superbement joués. Une réussite qu'on aurait aimée totale.