Une des cinq meilleures versions des «Quatre Saisons», d'une exceptionnelle virtuosité. Il devient bien difficile choisir!
Le niveau interprétatif des «Saisons» est devenu tellement élevé, ces derniers temps, que la moindre réticence critique frise presque l'impolitesse. Ces Suonatori de la Gioiosa Marca - entendez par là: joyeux archets de Trévise, en limite («Marca») de la République vénitienne - sont doués d'une exceptionelle virtuosité. La plus impressionante sans doute de toutes les versions sur instruments d'époque. L'intonation est juste, la mise en place diaboliquement précise, la pâte onctueuse, la palette de couleurs infinie. La perfection a cinque, sans filet, à un instrument par partie. Comme Pinnock et Biondi, Carmignola suit la version de Manchester. Rien à reprocher là non plus. Pourtant, malgré tant d'hommages et d'atouts réunis pour approcher la perfection, ces joyeux Trévisan frôlent, sans le décrocher, le Diapason d'or. Onofri, Pinnock, Biondi et Harnoncourt ont un je-ne-sais-quoi qui manque à ces conquérants de la Sérénissime. Cela tient peut-être simplement à une capacité subtile à distiler la poésie vivaldienne, à saisir l'inflexion, le phrasé, la tournure harmonique qui font tout à coup pénétrer dans le sous-bois de la «caccia» sanglante, s'immiscer dans les rêves des ivrognes pour contempler les éléphants roses, ou remonter son col en redoutant les attaques de Sirocco ou Borée. Quoiqu'il en soit, voici une des cinq meilleures versions des «Stagioni», couplée avec des œuvres de première grandeur, dont les Sonatori signent la référence. Brillantissime 3 violons RV 551, et délicieux Concerto «amabile» pour cordes RV 128.
Excellente transparence. Image détaillée, avec une très bonne définition.