Décembre 2001

Classica

Recommandé par Classica - D'Or et de Lumière

conservé au sein des collections de la British Library de Londres, le manuscrit Add. 30491 de Luigi Rossi connait depuis deux ans un regain d'intérêt assez suprenant. Bien qu'il fût connu des musicologues et des interprètes depuis longtemps, il aura fallu la publication de l'extraordinaire CD de Marion Fourquier «es il libro de don Luigi Rossi», pour que le public se familiarise avec cette «compilation». Il s'agit, en effet, d'un ensemble réunissant quelques-unes de plus belles pièces baroques à cheval entre les XVIe et XVIIe siècles, dont le fameux lamento d'Olimpia de Monteverdi. Nombreuses sont les œuvres de ce manuscrit dont l'instrumentation n'est pas précisée. Seule la notation parfois curieuse laisse supposer que ces canzone et autres gagliardes étaient jouées au clavier. en marge de la canzon francese del principe de Gesualdo (ici au clavecin et aux violes), deux compositeurs émergent nettement: Francesco Lombardo et Giovanni de Macque. le principal atout de Rooley est d'offrir aux membres de The Earle his Viols, issus de la Schola Cantorum de Bâle, l'occasion de nous éblouir par leur virtuosité. Sur des instruments construits pour l'occasion, ce consort de violes est purement merveilleux: quelle suavité, quelle douceur dans les archets! ecoutez la canzon sopra Suzanna de ippolito, frissonez en suivant les diminutions redoutables de la Suzanna passagiato per la viola bastarda d'Orazio Bassani! On y retrouve un Paolo Pandolfo décidément parfait. Quant au claveciniste Andrea Marcon, il opte pour la délicatesse et l'èspièglerie (harmonie terriblement osée de la canzon francese). Un pur joyau!