L'attrait majeur de la discographie d'Andrea Marcon réside dans le choix judicieux des programmes et des thèmes, et dans l'intérêt des instruments joués. Pour le reste, on se tient à mon sens au politiquement correct d'un discours musicologique bien assimilé, sans véritable engagement artistique, ni concession à l'émotion. Sans considérer la lecture par Blandine Verlet de la Fantaisie de Froberger sur «ut-re-mi-fa-sol-la» comme un modèle d'approche raisonnée, on ne peut que mesurer la distance entre son inspiration confondante et l'absence d'emotion de Marcon. La Toccata III n'est pas très convaincante à l'orgue car les tenues d'accords forcent l'interprète à surjouer les traits brillants en les privant de toute surprise et de leur caractère foncièrement théâtral. L'étrangeté harmonique et l'expressivité du Voluntary de Purcell sont soulignées, mais sous l'angle technique d'un système expressif nerveux et étriqué. L'ensemble dégage donc une impression d'uniformité.