4/1999

Diapason

5 de Diapason

Troisième album d'Andrea Marcon consacré à l'orgue italien. Si les données ne changent pas sur le plan instrumental (ce Gaetano Callido de la fin du XVIIIe siècle, conforme à la tradition classique, est l'exacte continuation des chef-d'œuvre de Nacchini), rien de tel pour le répertoire. L'élévation de «L'Héritage de Frescobaldi» (Diapason d'or en octobre 1997) et la rigueur de l'album des sonates de Scarlatti, commentées au même momen, cèdent la place au plaisir pur des maîtres galants. N'espérez pas découvrir autre chose en dessous d'une surface musicale absolument ébouriffiante de séduction, de fraîcheur de timbres et d'invention mélodique (les basses d'Alberti vont bon train!) - plaisir pur, instantané à marquer l'esprit. Nul doute que si l'on réécoute le disque peu ou longtemps après, le même plaisir aussitôt resurgira, d'une même et magique fraîcheur. L'incroyable mécanique de ce modeste Callido qui sonne comme un grand est d'une précision inouïe: à la hauteur des doigts ailés de Marcon. Ce n'est pas là le moindre élément du plaisir évoqué. Cornetta (dessus) et Tromboncini (seul jeu à anches de l'orgue, en basses et dessus) sont à se pâmer: fruités, légers, incisifs mais tellement chaleureux. De même les pièces: nul chef-œuvre, mais une riche parure de perles de fantaisie.